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Bon vent à tous pour 2012 !!
Jeudi, 19. janvier 2012Dernière étape de la Solitaire du Figaro 2011, compliquée et incertaine jusqu’au bout !
Jeudi, 25. août 2011Puis, nous sommes arrivés dans le raz de Sein à contre courant, mais c’est passé comme une lettre à poste, c’était marrant de voir les Figaro avancer dans le jus et ses bouillons … là je reviens bien dans la flotte. Je suis dans un bon groupe, on a encore un vent correct. Mais en étant au contact, je vois que j’ai un déficit de vitesse ; les autres me déposent. J’ai passé un moment à regarder si j’avais des algues, à faire des marches à recul pour les enlever au cas où, etc. »
« Je tire un bord plus au large au niveau de la Bretagne Nord, et je me recale sur de la route directe. Je replonge vers le peloton. Dans cette 2ème partie de la nuit, mon Figaro marche bien et je reviens de nouveau. » Paris 15 – Château Peyrat Fourthon a repris cinq places en quatre heures et continue sa bonne progression vers Guernesey. 10H30, à la hauteur du phare des Roches Douvre, Jean-Charles Monnet est pointé 30ème.
Brume et grisaille règnent toujours à l’approche de l’île anglo-normande. Deux concurrents ont optionné au large et vont passer au nord de Guernesey, le reste de la flotte au sud. Jean-Charles Monnet y avait réflêchi avant le départ : « passer au nord , c’est sûr que ça le fait avec des vents de secteur Ouest tandis que par le « big russel » il y a des dévents mais les courants sont plus favorables. En course, je me tâtais encore, j’ai repris la météo et les manuels pour étudier la stratégie… Je venais de cravacher et de remonter au classement, j’étais avec un bon groupe, bien placé donc je suis resté avec la majorité et j’ai décidé de bien arrondir Guernesey pour éviter ses dévents. »
Mais les voiliers ont à faire avec l’instabilité des pressions ; des zones de calmes alternent avec des courants d’air sous l’île. « Nous sommes parfois stoppés et … je ne peux que constater et voir, à proximité, des bateaux qui attrapent une risée et s’éloignent… Donc quelques uns repartent, d’autres passent très près de la côte et s’en sortent aussi. En tout cas, sans nul doute, les concurrents au nord disposent d’une brise plus stable et encaissent les gains. J’ai trop hésité, j’aurais dû y aller, il n’y avait pas grand chose à perdre ! »
Pour la dernière nuit, la flotte est en attente du changement de système météo. Jean-Charles Monnet se place en fonction de ce qu’il lit sur les fichiers de prévisions, reçus sur son ordinateur. La fatigue après deux jours de navigation en cette fin de Solitaire du Figaro, la tension accrue par l’instabilité des conditions participent à la confusion quand notre skipper pense lire des données actuelles alors qu’elles correspondent à une échéance future. Sa stratégie de route se trouve modifier quelques heures par ce qui pro quo.
En dormant une heure par jour en moyenne si les conditions s’y prêtent, nombre de figaristes racontent les conséquences du manque de sommeil (hallucination, problèmes de lucidité, etc) et c’est au tour de Jean-Charles d’allonger la liste de ces anecdotes. La réalité des conditions météo ne coïncide pas avec ce qu’il a lu, et il identifie ce « décalage » après plusieurs heures. Malheureusement, étant donné le niveau des concurrents, les faibles écarts en cours, la perte de places est avérée… La fin de course ne permettra pas se reprendre du terrain.
La petite brise oscille entre le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, il faut être en phase avec ces oscillations et manœuvrer au bon moment. La flotte continue dans le large tirant des bords de spi au dessus de la route directe ; certains font davantage cap vers Etretat. Les estimations d’arrivées des bateaux varient et annoncent l’après-midi à venir.
Au classement général au temps, Paris 15 – Château Peyrat Fourthon est 30ème sur 47 concurrents au départ. Jean-Charles Monnet est déçu de ce résultat sportif mais n’oublions pas que le plateau de cette 42ème édition de la Solitaire du Figaro – Eric Bompard Cachemire était exceptionnellement relevé et que d’autres skippers très chevronnés et expérimentés ont aussi connu une contre-performance.
Et comme Jean-Charles Monnet l’a exprimé au micro du Village de la Solitaire à l’arrivée : « Pour le bilan, il est trop tôt. Mais au delà du classement résident des éléments importants dans une telle régate tels que la solidarité et l’engagement. De ce côté là , j’ai été à 100% ! »
Dernière étape de la Solitaire, Les Sables d’Olonne – Dieppe : un nouveau départ !
Lundi, 22. août 2011« Je serai opportuniste quant aux options mais je ne prendrai pas de risque inconsidéré non plus. Des écarts sont possibles, la route est longue avec 430 milles nautiques et deux raz… Cependant, les prévisions météo indiquent globalement du vent tout le long et les coefficients de marée sont bas donc je ne pense pas qu’il y ait des passages à niveau décisifs en cas de renverse de courants d’écarts énormes à l’arrivée.
Et puis, je connais pas mal d’endroits où nous allons naviguer et j’espère bien en profiter pour jouer des bons coups ! »
Tout d’abord, un petit parcours « spectacle » devant les Sables et une remontée du golfe de Gascogne jusqu’à la pointe Bretagne : « les météo sont claires avec du Nord-ouest faible se renforçant dans l’après-midi et tournant au Nord-est, plus étoffé pour la nuit. »
Une navigation contre le vent, au près donc… Mais attention au départ ! Cela pourrait être très « mou » et il faudra tâcher de se positionner en tête de peloton à la sortie des Sables pour toucher au plus vite le renforcement de la brise. Bref prendre sa chance et affirmer sa place aux avant postes.. Ensuite, le tracé oblige la flotte à passer à l’intérieur de l’ÃŽle d’Yeu et de Belle Ile durant la première nuit, avant de gagner le Raz de Sein au matin.
« Selon la brise présente ou non au départ, cela risque d’être limite mais nous devrions passer ce cap avant la renverse. Par contre, les courants seront peut-être défavorables pour le passage du Four mais c’est relatif, avec le vent présent nous avancerons. » Donc pas de stop net, ni d’ancre à mouiller pour éviter de reculer sur le contournement du Finistère… Et de nouveau, le risque de voir partir par devant ? « Pas sûr ! car arrivant de derrière, on peut observer comment cela évolue niveau vitesse et arbitrage vent-courant. On peut en profiter pour choisir une route différente des autres : nous avons des marques à respecter pour nous éviter des dangers et Ouessant à laisser à bâbord, ce qui laisse le choix de raser la Bretagne ou optionner au large des îles du Ponant. »
Ce changement sera-t-il franc ou pas ? entre les deux systèmes, une bulle de calme prononcé ou une molle rapidement traversée ? On sait, en tout cas, que ce régime s’établira avant Guernesey ou au niveau du raz Blanchard au plus tard. Donc, lorsque les concurrents arriveront dans la zone des plus forts courants, le vent sera clair ; le passage entre Aurigny et le cap de la Hague ne devrait pas créer de « blocage ».
Pour le skipper de Paris 15 Château Peyrat Fourthon, la navigation côtière en Manche est un terrain connu… il ira peut-être tenter sa chance en Baie de Seine, cela dépendra du vent à attraper au large. De même, qu’à proximité de Dieppe, il y a des veines de courants intéressantes y compris par ces faibles coefficients de marée.
L’originalité de cette dernière étape est qu’il n’y a pas de grande section de parcours, type traversée de la Manche ; il s’agit plutôt d’une longue régate côtière. Le jeu pourrait bien consister à naviguer dans un vent plus soutenu au large ou avec l’appui des courants relativement modéré à la côte…
Jean-Charles Monnet veut prendre du plaisir, naviguer propre et avoir la meilleure stratégie, obtenir la réussite et aller vite sur son Figaro Bénéteau², concrétiser un bon résultat pour Paris 15 Château Peyrat Fourthon sur cette Solitaire du Figaro 2011 !
Étape Dùn Laoghaire – Les Sables d’Olonne, à géométrie variable…
Jeudi, 18. août 2011Globalement peu satisfait du résultat de ce troisième volet de la Solitaire du Figaro 2011, Jean-Charles Monnet retient les éléments positifs : les dernières 24h en mer notamment, avec une belle remontée de la flotte, et les conditions de navigation avant l’arrivée sur les côtes vendéennes.
« Avec quelques skippers, je me suis légèrement recalé sur la route directe pensant éviter les dé-vents du relief et bénéficier davantage de courant. En fait, ce n’était pas suffisant, il fallait être plus au large ou rester franchement à terre. Là , on se trouvait dans une zone plus calme, on allait fatalement moins vite… puis, j’ai vu mes camarades accélérer dans une veine de vent et décoller, alors que je restais en plan ! J’ai dû tirer un bord avant de recoller le peloton, bref en 2 temps 3 mouvements j’avais perdu 1,5 milles. »
« Ensuite, il y a eu ce truc inquiétant dans la nuit, des drôles de sifflets sur l’eau et la direction de course qui, par mesure de sécurité, décide de contacter tous les skippers avant de vérifier que tout va bien. Conrad Humphreys restait injoignable et je me trouvais un mille devant lui, dans le même axe. Il était normal de faire demi-tour et d’aller à sa rencontre. J’ai tourné autour de son Figaro, avec un projecteur, j’ai vu une manoeuvre de spi donc il était à bord et l’homme allait bien.
J’ai repris ma route, rassuré, mais à partir de ce moment, la course était différente. Je me suis trouvé à naviguer tout seul, sans comparaison de vitesse par rapport aux autres ; je me trouve plus performant quand je mène mon bateau à proximité d’autres concurrents. D’ailleurs, plus tôt, j’étais content de tenir le rythme et la vitesse dans le groupe où je me situais…
Petites anecdotes en passant : « à Land’ s End, on a croisé des participants de la Rolex Fasnet, notamment le maxi trimaran Banque Populaire qui se dirigeait vers l’arrivée à Plymouth. Je l’ai revu passé à Penmarc’h le lendemain. J’ai aussi été encouragé par des plaisanciers de Courseulle, en croisière vers l’Irlande, on a échangé un petit moment en VHF… C’est sympa ces rencontres entre gens de mer. »
« A l’atterrissage de la Manche, j’ai grignotté une place (42ème). Pour la pointe Bretagne, je fais une route très ouest car le courant allait me faire glisser et je souhaitais passer au large, mais il y a eu un gros refus du vent, donc finalement j’ai été à terre. J’ai retraversé avec un long bâbord et j’ai réussi à déposer quelques bateaux. Puis, j’ai négocié nickel le Raz de Sein ».
En fin de matinée, mardi, Paris 15 est 39ème à hauteur du Sud Finistère.
« Ensuite, la meilleure journée depuis le début de la solitaire : grand soleil, mon Figaro qui glisse bien ! stable, sous spi… on attendait une rotation du vent par le Nord. Au fur et à mesure que j’avançais cap au sud-est, la brise a suivi, passant de l’Ouest-Sud Ouest au Nord puis au Nord-Est dans la nuit. J’ai pu naviguer largue serré, 20° au plus de la route directe, j’empannais au bon moment et je suis resté au large ».
Le voilier allait vite et reprenait des milles…
» J’ai fait une super nuit, aussi. Il ne fallait pas tirer à terre, à l’intérieur de Belle-Ile (ou à sa côte sinon). La nuit était superbe avec un lever de lune, quasi-pleine et rousse, terrible !
Par contre, j’ai été très impressionné par les orages autour de Belle-île. Il y avait des éclairs partout qui nous aveuglaient littéralement, et je me suis bouché les oreilles tellement le tonnerre grondait fort. C’était incroyable, ensuite, avec le lever du jour d’un côté du ciel et les éclairs… ».
A 5h du matin, Paris 15 Château Peyrat Fourthon est à proximité de l’Ile d’Yeu, 32ème au pointage.
Paris 15 Château Peyrat Fourthon est le 33ème Figaro à franchir la ligne plus de deux heures et demi après le vainqueur.
S’étant dérouté pour des raisons de sécurité en début de course, Jean-Charles Monnet obtient une bonification en temps. Le jury lui rétablit donc 20 minutes.
Néanmoins, faire demi-tour a probablement changé la régate pour notre skipper : déconcentration un petit moment, puis naviguer isolé une bonne partie de l’étape et en arrière, donc dans un vent différent…
Paris 15 – Château Peyrat Fourthon est classé 29ème de Dùn Laoghaire – Sables d’Olonne. Il est 31ème du classement général au temps de la Solitaire du Figaro E.Bompard Cachemire 2011.
Jean-Charles Monnet analyse ce résultat sans détour : « je suis déçu mais je n’ai pas été bon au début ». Il positive aussi sur les bons choix de navigation de la fin de parcours, et sur la vitesse que recèle son Figaro-Bénéteau² n°11. Sa motivation est intacte, au plus haut avant d’aborder la quatrième étape !!
Solitaire du Figaro – E. Bompard Cachemire, 3ème étape : un retour d’Irlande en 3 phases
Lundi, 15. août 2011Concernant l’escale irlandaise et l’après seconde étape, si éreintante pour les hommes et leur monture, le skipper bas-normand est confiant : « Je me suis bien reposé : de bonne nuit et des siestes tous les jours, pour récupérer et aussi pour engranger du sommeil avant d’entamer ce parcours, le plus long de cette 42ème Solitaire avec 475 milles nautiques. Paris15 Château Peyrat Fourthon n’avait pas trop souffert avant, le bateau est prêt ! »
« Le seul qui a besoin de soin, c’est mon préparateur qui s’est coincé le dos mais les Kinés de l’organisation vont prendre les choses en main… A part ça, j’ai eu l’occasion de faire une petite balade autour de Dùn Loaghaire mais je n’ai pas eu le temps de visiter Dublin ; repos en priorité, des petites choses à faire et une surveillance des évolutions météo ces deux derniers jours m’ont bien occupé. Je suis au taquet, et je sais que sur les étapes précédentes, j’aurais pu obtenir de meilleurs classements… je veux concrétiser et reprendre du temps sur mes concurrents. »
La stratégie de ce bord consiste à gérer la marche du bateau : le vent de travers plus ou moins pointu permettra a priori de porter le spi jusqu’au canal St Georges… ou le génois, plus certain à partir de la nuit et quasi obligatoire pour faire cap à l’est vers la Cornouailles.
C’est donc à midi ce dimanche, que le coup de canon résonne sur le plan d’eau irlandais. Comme d’habitude, un petit parcours côtier est mouillé avant de gagner le large. Ce début de course va littéralement surprendre nos Solitaires : alors que le calme règne sur l’eau durant le départ, un grain s’abat sur la tête de flotte à la marque 1, les premiers voiliers passent la bouée au vent et s’échappent sous spi alors que les poursuivants ont peu d’air. Puis ce sera la valse des classements, à mesure des déplacements des zones avec ou sans vent. Des phénomènes orageux mais surtout des perturbations et accélérations produitent par le relief lorsque le vent Ouest souffle et passe sur cette terre escarpée…
Après quelques milles, les 46 Figaro retrouvent une stabilité dans les masses d’air ; ils naviguent rapidement, sous spi le long de l’Irlande, cap au Sud. Premier pointage en milieu d’après-midi : JC Monnet s’est bien sorti des coups de trafalgar du début et navigue légèrement à l’Est de la route directe, Paris 15 Château Peyrat Fourthon est donné 19ème dans un groupe de tête d’une quinzaine de bateaux.
Reste à dépasser le Canal St Georges et anticiper le « refus » du vent à l’approche de l’Angleterre : se placer à l’ouest, profiter davantage de vitesse sous spi, avoir plus de chemin à couvrir et être plus serré pour rejoindre Lands’End, ou se décaler plus tôt dans l’Est et miser sur une fin de bord plus performante…
Cette étape 3 se présente donc plus calme mais recèle de nombreux pièges et passages à niveau, toujours du jeu avec les courants et des prévisions de vents plus ou moins faibles pour une bonne partie de la course. L’arrivée estimée aux Sables d’Olonne est prévue mercredi après-midi.
Etape 2, Caen – Dùn Laoghaire : 470 milles … durs !
Jeudi, 11. août 2011Avant le départ, la température était donnée : course musclées à venir ! Et cela commence dès la première heure. Nous avions quitté les 47 Figaro Bénéteau 2 sur le plan d’eau de Ouistréham, après un départ ensoleillé et des variations de vents sous les passages nuageux, la fin de nuit promettait de l’air lors du passage du Raz Blanchard …
- En fait, à peine nos bateaux accompagnateurs avaient-ils touché le quai, que le ciel s’assombrissait et qu’une grosse averse s’abattait sur nous, les spectateurs fraîchement débarqués. En mer, ce grain mettait directement les skippers dans la réalité de cette étape, avec une montée en force du vent, du simple au double et 35 nÅ“uds en 2 minutes ! A l’issu du parcours côtier mitigé, JC Monnet est pointé 32ème …
Ces conditions orageuses et instables vont accompagner la flotte durant la soirée et la première partie de nuit ; un vent moyen peu élevé mais entrecoupé de coups de tonnerre, d’éclairs et de grain pluvieux très venté. Arrivés rapidement à Barfleur, le passage du nord cotentin fût quelque peu laborieux : moment d’accalmie d’Éole couplé aux courants contraires rencontrés dès le large de Cherbourg. Pas d’autre choix que de tirer des bords à terre pour naviguer au plus près les côtes de la Hague et s’abriter du plus fort de ces courants. Jeu dangereux qui engendre l’abandon d’un concurrent suite à son talonnage dans les cailloux… Le Raz Blanchard est franchi, la première des îles anglo-normandes, Aurigny, est passée au petit matin. Les voiliers poursuivent leur route, avec les faveurs du courant, vers Guernesey dernier « obstacle » à contourner avant de tracer vers l’Angleterre. Jean-Charles en profite pour reprendre du terrain et Paris 15 – Château Peyrat Fourthon est classé 27ème à l’amorce de cette traversée de la Manche. - La météo musclée était attendue, la brise ne cesse de se renforcer ; à la mi-journée, première casse, l’aérien en tête de mât est hors-service… Depuis le départ, le sport du bord consiste à changer souvent de voile selon la force du vent. Le pilote automatique ne sert que dans ces manÅ“uvres, dans ces conditions instables il faut rester vigilent et barrer. Ensuite, la mer se creuse, le bateau tape dans les vagues, les skippers sont cramponnés à la barre pour piloter au mieux et tenter de faire avancer plus vite le navire. C’est inconfortable et épuisant…
En fin d’après-midi ce lundi, le soleil est présent et les éléments se calment tandis les voiliers approchent des terres anglaises. Ils virent Hand Deeps en soirée et traversent la baie de Falmouth dans la nuit en direction du Cap Lizard. Une nouvelle fois, il s’agit de jouer avec les courants et la côte. Le vent a molli et la flotte va entrer dans une zone anticyclonique aux environs du Prix GMF, représenté par une ligne reliant les îles Scilly et la pointe extrême du sud-ouest de l’Angleterre. Paris 15 Château Peyrat Fourthon franchit cette marque en 25ème place. Être privé des informations de direction et force du vent ne facilite pas la navigation lorsque les systèmes météo changent… - Il s’agit maintenant de remonter vers le canal St Georges et la mer d’Irlande, avec pour commencer la dorsale à franchir, au près dans de petits airs, avant de récupérer le bord d’une dépression et d’évoluer sous spinnaker dans des vents plus soutenus. Après Land’s End donc, le gros des troupes préfèrent se décaler à l’Ouest de la route directe pour tenter d’attraper plus rapidement la bascule. JC Monnet optionne sur une route Est suivi d’une dizaine de concurrents. Au pointage de l’après-midi Paris 15 – Château Peyrat Fourthon est 4ème !
Mais la rotation s’effectue dès la fin de journée, la brise arrive sur les partisans de l’ouest… ces derniers empochent leurs gains pendant la nuit, des écarts s’accentuent entre les bateaux. Les dernières heures sont des plus sportives avec des vents de 30 à 40 nÅ“uds ; les voiliers sont difficiles à maîtriser, en pleine vitesse sous spi ! figures de styles, casses et bobo à soigner à l’arrivée … Paris 15 – Château Peyrat Fourthon termine 29ème de cette seconde étape.
Jean-Charles Monnet à l’arrivée : « Je suis en kit, fatigué ! » Ce jeudi : »Je viens de dormir 20 heures d’affilées pourtant j’ai pas mal dormi je trouve, essentiellement le long de l’Angleterre. Je pensais être suffisamment frais pour la fin de course. Mais la dernière nuit et matin, je m’endormais à la barre et j’ai eu des hallucinations ! C’est la première fois que ça me fait cela. C’était dur. Quasiment tout le monde était sous grand spi et moi je ne le tenais pas… Enfin, cela dit, c’était rigolo quand on a eu 35-40 nÅ“uds sous spi : le bateau en surf à 20 nÅ“uds !! par contre, c’est compliqué pour affaler… »
A propos de l’option Est : « C’est un vrai choix tactique ; avec le routeur météo avant le départ, on pensait que la bascule de Sud-Ouest interviendrait plus tard, avec moins de pression, et que l’on croiserait devant le groupe positionné à l’ouest, en étant plus Nord qu’eux lors de ce changement de système. Mais, c’est passé plus tôt de l’autre côté… »
Le bilan : « une place dans les vingt était largement possible, alors je suis déçu. Sans aérien depuis 2 jours, ça n’aide pas non plus. Je n’ai pas forcément fait les changements de voile au bon moment. Et puis, j’ai un problème de vitesse au largue, sous spi. Mon bateau avance mal, je le trouve collé dans ces moments. J’ai un safran dur mais quelque soit le bord ça va moins vite que les autres. J’étais devant à Land’s End (du groupe de l’Est) et je me suis fait déposé. J’ai retouché aux réglages sur mât, j’ai essayé plein de choses que l’on avait fait durant les entraînements, j’ai changé de spi cette année, il est neuf… J’ai pas encore trouvé pourquoi j’ai eu ce déficit de vitesse pure à cette allure. C’est très frustrant car j’ai perdu du terrain le dernier jour. Il y a moyen de mieux faire !! »
Et maintenant : « point technique avec Pascal, mon préparateur concernant le bateau qui, finalement, n’a pas trop de casse : aérien à changer, spi à réparer (un peu), et canne à algues à racheter. Petit tour chez les kiné et Dr pour moi, je n’ai pas trop de mal à part les mains…et repos. Demain, un peu de visites de Dublin et balades. Ensuite, concentration, prévisions météo, stratégie pour la suite… »
Après Jury, le classement général au temps classe Paris 15 – Château Peyrat Fourthon, 28ème à 2h31 du leader. Il reste plus de 900 milles à courir et les deux plus longues étapes sont à venir !
Seconde étape de LA Solitaire vers l’Irlande : prudence au début… un peu de spi vers la fin.
Mardi, 9. août 2011
Sur les quais de Caen la veille du départ, les navigateurs attendaient le briefing des skippers avec impatience ; ils se demandaient si le parcours serait modifié puisque les météos prévoyaient des vents forts au moment de franchir le Raz Blanchard, passage où l’on trouve les plus forts courants d’Europe… Que neni, le tracé de cette seconde étape reste identique : après un parcours côtier devant Ouistréham, la flotte aura bien à contourner le Cap de la Hague, à laisser à tribord les îles anglo-normandes d’Aurigny et de Guernesey (et ses archipels) avant de faire route vers la pointe Sud-Ouest de l’Angleterre et rejoindre la mer d’Irlande.
- Jean-Charles Monnet reste confiant : « J’ai évité de regarder trop tôt les prévisions météo. qui ont tendance à mollir d’ailleurs. Je me suis concentré sur les modèles ce samedi et c’est sûr que l’on va avoir du vent au cap de la Hague mais ce ne sera pas la tempête ; il y aura probablement 25 nÅ“uds en vent moyen avec des rafales à 30 voire 35… cela reste praticable. A ce moment, nous serons à contre courant et au près, donc vents et courants dans le même sens ce qui lève moins de mer que s’ils s’opposaient ».
- La préparation de l’étape : « Tout d’abord, l’escale à Caen était longue, je me suis bien reposé. Le bateau est prêt, surtout qu’il n’y avait pas eu de casse entre Perros et Caen. Donc, juste des broutilles à faire pour mon préparateur et l’on en profite pour peaufiner des détails techniques. La route ? elle est prête depuis cet hiver lorsque le parcours a été publié !
Le dernier jour était consacré à l’avitaillement en produits frais et la configuration de Paris 15-Château Peyrat Fourthon pour des conditions de navigation musclées : voiles d’avant plus petites directement accessibles, passage des bosses de ris pour réduire éventuellement la Grand Voile, systèmes d’amarrage du matériel dans le bateau etc. » - L’analyse de Jean-Charles Monnet sur le parcours à venir : « Tout d’abord pour rejoindre le Cotentin, nous serons au reaching (vent de travers serré), nous rejoindrons rapidement le raz de Barfleur avec le courant. Ensuite, le vent va monter et tourner à l’Ouest, ce sera du près et la renverse sera faite pour le passage du Cap de la Hague. Afin d’éviter que les Figaro naviguent dans le DST (rail de cargo interdit), la direction de course nous fait passer entre Aurigny et le Cotentin ; ce sera stratégique selon le moment de la marée et la force du vent réel, s’abriter des courants contraires à la côte et longer le sud de l’île, ou non. Pour contourner Guernesey, Herm et Sark, nous serons dans le Grand Russell avec la renverse favorable.
Puis le vent va s’orienter au nord-ouest, donc toujours du près pour la deuxième partie du tracé, la montée jusqu’à Lands’end (partie extrême sud-ouest de l’Angleterre et marque GMF du parcours). A l’entrée de la Mer Celtique, une dorsale entre deux dépressions devrait engendrer une zone de molle sur la course. Puis la pression va s’étoffer, nous évoluerons encore au près avant de rejoindre l’arrière d’une dépression en Mer d’Irlande ; nous toucherons des vents de Sud-Ouest 15-18 noeuds pour l’entrée du canal St Georges et serons enfin sous spi jusqu’à l’arrivée à Dùn Laoghaire (port de plaisance de Dublin). »
Dimanche, grand soleil à Caen : Lire la suite (Lire la suite…)
Première étape, 300 miles entre Perros-Guirec et Caen : une régate à plusieurs départs !
Mercredi, 3. août 2011« Tout d’abord, cette course a débuté de façon originale avec un départ sous spi, à l’anglaise comme on dit ; en général on part au près (face au vent) vers une bouée de dégagement. Les conditions météo. s’annonçaient légères, cela devait permettre de nous extirper plus facilement de la côte bretonne. Mais ça change les repères pour se positionner… enfin, c’est sans difficulté que je me suis élancé en milieu ligne. Je passe bien à la bouée Radio France (15ème). Ensuite j’ai perdu un peu de terrain au reaching. Puis, le ciel s’est dégagé et la traversée de la Manche s’est faite rapidement, on avait plus de vent que prévu et on a avalé les milles sous spi. Dimanche soir, on passait le phare d’Eddystone (au sud-ouest des côtes anglaises), je n’étais pas très bien classé je pense… Je me suis refait la nuit suivante : j’avais les bonnes trajectoires, j’étais plus rapide que les autres. »
« On savait avant de partir qu’il y aurait plusieurs passages à niveau entre les changements de systèmes météo., avec des moments de vents faibles, et les courants en fort coefficient de marée. Il pouvait y avoir des écarts importants. »
- Lundi, le parcours emmène les 47 concurrents de cette Solitaire 2011 le long de l’Angleterre, deux caps sont à négocier. Tout d’abord, Portland : jusque là ça va, le courant est favorable. Puis vient Startpoint, avant les Needles. Un nouveau départ se joue : la brise a molli et surtout les courants s’inversent. Certains optionnent à terre et s’engouffrent dans la baie de Poole, le résultat sera assez aléatoire, d’autres tentent le large et s’en mordront les doigts.
Jean-Charles Monnet préfère temporiser et se cale sur la route directe. En fin d’après-midi, il enroule la bouée Fairway, à l’ouest de l’ÃŽle de Wight. Le pointage de 17h place Paris 15ème – Château Peyrat Fourthon 22ème. La flotte des Figaro débute la traversée de la Manche, cap sur la baie des Veys.
La dernière nuit en mer s’annonce délicate car le vent va aussi s’éteindre, le temps d’une bascule et une nouvelle renverse de courants est à gérer. Les solitaires se préparent à devoir jeter l’ancre pour ne pas se faire embarquer à l’opposé de l’objectif. Un dernier départ de course va avoir lieu. -
Mardi à l’aube, la flotte est en approche des côtes françaises lentement, très lentement… Le vent est variable en direction et en force, quelques soufflent d’air passent sur la zone. Le courant déporte les bateaux vers le Cotentin, beaucoup sont obligés de mouiller par 40 mètres de fonds voire davantage.
« Je me suis laissé porter vers Barfleur pour toucher la renverse plus vite, d’autant qu’il y avait une incertitude sur le moment où le vent de Nord-Est rentrerait. Franchement à l’ouest de la route, j’ai fini par envoyer par le fond ancre, chaîne et plus de 40 mètres de bout… Cinq minutes plus tard, j’ai tout remonté en voyant mon voisin qui redécollait.
En fait, la bascule tant attendue est arrivée plus vite et venait de se faire, 1/2 heure avant la renverse. On aurait pu empanner plus tôt et prendre en chasse le groupe de tête.
Puis le comité de course a décidé de réduire la fin du parcours, on n’était pas content ! Les conditions ont été bizarres jusqu’à Cussy (bouée située près d’Arromanche et dernière marque du tracé) on naviguait au près et on voyait des bateaux sous spi un peu plus loin. Ensuite, le vent s’est étoffé et stabilisé jusqu’à l’arrivée. »
Paris 15ème – Château Peyrat Fourthon se classe 28ème à 54 minutes du vainqueur Fabien Delahaye sur Port de Caen – Ouistréham.
Un écart relatif compte tenu des étapes à venir… Jean-Charles Monnet aurait souhaité faire mieux en terme de classement mais le skipper de Courseulles est satisfait : « j’ai plutôt bien naviguer, je ne me suis pas énervé dans la pétole, je suis resté lucide dans les moments clef. J’étais à un cheveu de faire un bon coup ce matin, il s’en est fallu de quelques minutes pour attraper le bon créneau ! »
C’est toute la difficulté de l’étape et plus généralement de la Solitaire du Figaro : réussir à être pile dans le bon timing en fonction des éléments de navigation. « On a une idée précise des courants, du parcours. On connait globalement la météo et ce que l’on veut faire tactiquement. La réussite est de faire coïncider l’ensemble, déclencher la manÅ“uvre au moment idéal. »
Jean-Charles Monnet est arrivé un peu « décalé » par ces heures de mer, sans trop de fatigue. Paris 15ème – Château Peyrat Fourthon, comme une bonne partie de la flotte, est amarré ce soir au port de Caen, en plein centre ville. La nuit sera bonne, à la maison pratiquement !
Rendez-vous au village de la Solitaire du Figaro toute la semaine, et jeudi en particulier sur le stand de la Région Basse-Normandie pour une séance avec les skippers locaux.
La Solitaire du Figaro – Eric Bompard Cachemire 2011, mise en jambe réussie !
Mercredi, 3. août 2011Prologue 29 juillet à Perros-Guirec : en larguant les amarres, Jean-Carles confiait qu’il avait hâte de naviguer : « on a tous passé la semaine au port, avec les contrôles de sécurité et de jauge. Il est temps de retrouver les autres figaro sur l’eau et de valider nos dernières modifications techniques. Je suis content de mes voiles, et lors du dernier entraînement à Cherbourg j’ai trouvé de meilleurs réglages, je suis satisfait de la vitesse de mon bateau… ».
Un parcours de mise en jambe dans la baie de Perros marqué par des vents faibles qui a confirmé la réussite de Jean-Charles : parti en milieu de flotte, il tire les bons bords et pointe dans les 10 premiers à 200m de l’arrivée. Le vent s’effondre, les Figaro peinent à franchir la ligne, les génois sont hissés pour redonner un peu de mouvement. Au coude à coude dans les derniers mètres, Paris 15-Château Peyrat Fourthon coupe en 12ème position, un résultat de bon augure à 36 heures du départ !!!
Départ de la première étape Perros – Caen :
A 48h du coup d’envoi, les prévisions météo indiquent des conditions légères, la direction de course envisage de réduire le parcours initial. La veille du départ, la situation a évolué et le « grand » tracé est confirmé avec un long bord aux côtes anglaises. Compte tenu des courants que l’on trouve en Manche, en particulier en cette période de forts coefficients de marée, les ETA se succèdent aussi : tout d’abord mercredi midi, l’arrivée est finalement envisagée dans la nuit de mardi à mercredi …
L’analyse de Jean-Charles : « ce n’est pas évident car nous allons a priori rencontrer 4 systèmes météo différents sur une course de 3 jours ; il faudra bien anticiper ces changements de pressions. En Angleterre, on aura les renverses de courants contraires à gérer, ce qui peut être piégeux si l’on n’a pas trop d’air. Le plus compliqué reste le dernier jour, où une dépression orageuse va remonter du sud vers le nord et l’arrivée à Caen pourrait être longue et difficile pour les nerfs. »
Départ dimanche 31 juillet, à 11h : sur la zone de course, le ciel est chargé, brume et brise plus soutenue que prévue, comme si un gros nuage s’était posé sur la mer… originalité du parcours, les 47 Bénéteau Figaro 2 s’élanceront sous spi pour permettre aux voiliers d’évoluer plus facilement dans les courants de la côte de granite rose.
Au coup de canon, Paris 15 – Château Peyrat Fourthon s’élance en milieu de ligne, prudent mais bien placé et dégagé des concurrents. Joli spectacle que cette multitude de spis colorés et alignés ! Jean-Charles Monnet choisit la route directe vers la bouée Radio France, c’était le meilleur choix tactique. A la marque, les voiliers arrivent en petits groupes, c’est serré et parfois « chaud » pour enrouler, tout se passe bien pour Paris 15 qui est pointé 14 ?… 15ème !
La flotte s’étire ensuite au près ; après avoir longé les Sept îles, nous saluons Paris 15 – Château Peyrat Fourthon et lui souhaitons le meilleur pour la traversée de la Manche !













